Chaleur en France: s’attendre à une hausse des virus “exotiques” – 27/10/2022 à 05:18

Le tigre vole - un "vecteur": c'est en fait "compétent" transmission de virus pathogènes pour l'homme, comme la dengue (AFP / YURI CORTEZ).

Le moustique tigre est un « vecteur » : il est en effet « capable » de transmettre des virus pathogènes pour l’homme, comme la dengue (AFP/YURI CORTEZ).

De plus en plus de températures élevées, de moustiques et de cas de dengue “locaux” en France : Anna-Bella Failloux, spécialiste des maladies transmises par les moustiques à l’Institut Pasteur, explique qu’il faut s’attendre à une recrudescence des virus classiquement “exotiques”.

Qu’attendons-nous particulièrement de ce mois d’octobre ?

Les mouches tigrées sont toujours là, mais elles ne devraient pas être là à cette période de l’année. La mouche tigrée est un « vecteur » : elle est en effet « capable » de transmettre des virus pathogènes pour l’homme, comme la dengue.

Nous avons détecté plus de 60 cas de dengue « native » : un nombre sans précédent. Il y a quelques années, cela aurait semblé inimaginable. Le virus arrive en France par des personnes revenant de l’étranger, dans des zones à forte prévalence, notamment sous les tropiques.

En piquant une personne, les moustiques tigres absorbent le sang et permettent au virus de pénétrer dans le corps dans les glandes salivaires. Quand il pique à nouveau, il réinjecte le virus : c’est ainsi que fonctionne la transmission, et que se développent des cas autochtones chez des personnes qui n’ont pas quitté la zone.

À quoi pouvons-nous nous attendre à l’avenir?

Maladies transmises par les moustiques, classique "exotique"peut désormais être transmis par un moustique tempéré en France (AFP / PHILIPPE HUGUEN)

Des maladies classiquement associées aux moustiques “exotiques” peuvent désormais être transmises par les moustiques tempérés en France (AFP / PHILIPPE HUGUEN)

Des maladies classiquement associées aux moustiques « exotiques » peuvent désormais être transmises par les moustiques tempérés en France.

Le premier cas de dengue autochtone en France a débuté en 2010. En 2010, nous avons eu le premier cas autochtone de chikungunya, et en 2019, le premier cas de Zika.

Avec le changement climatique, on s’attend à plus de moustiques et donc de virus. Au lieu d’avoir des moustiques dès le début du mois de mai, on les voit dès le mois d’avril. Et ils resteront plus tard après la fin de l’été.

Plus il fait chaud dehors, plus la période de développement des moustiques est courte. Il faut dix jours entre l’œuf et l’adulte. Mais si la température augmente, par exemple, de 5 degrés, le cycle est raccourci à huit jours. À l’avenir, nous aurons des densités de moustiques plus élevées car il leur faudra moins de temps pour se développer.

Le changement climatique leur offre plus d’espace pour coloniser.

Aujourd’hui, les mouches tigrées sont implantées dans le sud de la France. Il s’y installe définitivement et tente de coloniser d’autres lieux plus au nord, qui lui offrent un lieu où les températures sont de plus en plus propices à son développement et à sa survie.

Doit-on s’inquiéter ?

Il faut être vigilant, essayer de prévoir. Les virus devraient augmenter à mesure que les gens continuent de voyager et que les écosystèmes gravement perturbés qui nous entourent se préparent aux moustiques. Il n’existe pas de vaccin commun contre la dengue et les moustiques tigres sont résistants aux insecticides que nous utilisons. La dengue tue chaque année entre 30 000 et 50 000 personnes dans le monde.

Diverses méthodes sont testées pour l’éliminer. L’une d’elles consiste à introduire dans la nature des moustiques infectés par des bactéries qui bloquent la circulation du virus. Elle est aujourd’hui pratiquée en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie.

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