Doit-on se préparer à des black out ?

Publié le 19 novembre 2022




ONT
+

Le réseau européen est fragile, et la guerre en Ukraine n’aide pas, mais elle n’en est pas non plus la cause. Il en sera ainsi pendant longtemps car le problème est structurel et découle directement de vingt ans d’incurie des dirigeants européens.

Qu’est-ce que la panne d’électricité ?

Comme son nom l’indique, un noircir c’est l’immersion dans l’obscurité d’une zone géographique par une interruption générale du réseau électrique, avec mise hors service de tout ou partie des appareils de production.

Il s’agit d’un événement accidentel, dû à une perte de contrôle des procédures de sécurité. La question est de savoir, avec la situation actuelle des réseaux européens interconnectés, si la probabilité d’un black-out est importante et quelle serait son ampleur. Il faut également distinguer entre le soulagement, même si nécessaire sur une zone très large, qui est maîtrisé et permettra donc un retour à la normale assez rapide, et noircirce qui peut conduire à un véritable chaos.

Historique

De nombreux incidents aux conséquences plus ou moins graves ont été enregistrés dans le monde. Voici quelques événements caractéristiques. (de Wikipédia).

1965, États-Unis

La cause initiale de cet incident majeur est déconnexion accidentelle de la ligne 230 kV transporte l’électricité de la centrale de Niagara Falls vers l’Ontario après un réglage de protection de distance défectueux. Presque tout le nord-est des États-Unis et le sud de l’Ontario ont été fermés, laissant 30 millions de personnes dans le noir. Il faudra plus de treize heures pour reprendre le service complet.

1977, États-Unis

New York est touché une panne d’électricité qui a provoqué des pillages et des émeutes ce qui a entraîné l’arrestation de 4 000 personnes. Cet incident majeur est dû à un orage dont les coups de foudre successifs sur les lignes électriques ont causé la perte de ces lignes et groupes électrogènes. Le manque de relief passe assez vitede nouvelles disjonctions apparaissent en cascade. Tout New York a été coupé, soit environ 6 GW. Il faudra une quinzaine d’heures pour approvisionner entièrement la ville.

1978, France

Panne générale, le 19 décembre 1978, due à un une cascade de disjonctions de lignes à très haute tension par report de charge, après entrée en surcharge initiale de la ligne dans l’est de la France, lors de la situation grande importation d’électricité d’Allemagne vers la France. Les trois quarts du pays sont privés d’électricité pendant plusieurs heures.

Lire Aussi :  Mise à jour next-gen The Witcher 3 : ray tracing, mode photo, 60 FPS... les détails | Xbox One

1999, France

Fin décembre 1999. deux tempêtes extraordinaires leur intensité a durement touché l’Europe, en particulier la France, où pas moins de 3,6 millions de personnes sont privées d’électricité. Paris échappe de justesse coupure électrique, grâce aux équipes d’EDF limitant les dégâts sur le réseau électrique français. Dans certains endroits, il faut 19 jours pour que le réseau soit rétabli. Compte tenu de l’ampleur des dégâts et des dommages qui en résultent, il s’agit de la plus grande destruction subie par le réseau électrique français depuis sa création.

Italie 28 septembre 2003

Foyer dans toute l’Italie et brièvement dans le sud de la Suisse. Avant cet incident, dû au contact entre le câble électrique et l’arbre, car il est les lignes de transit nord-sud à travers la Suisse et l’Italie étaient très fréquentées et étendues. A 03h01, une importante ligne de transit entre le nord et le sud de l’Europe, la ligne Lukmanier, est interrompue. Une charge d’environ 110% a été signalée sur la ligne de transport en commun de San Bernardino. GRTN, l’opérateur du réseau n’a pas répondu. En conséquence, 56 millions de personnes ont été touchées. Il faut deux jours pour récupérer complètement.

2006, Europe

Le 4 novembre 2006, vers 22h10, une panne majeure frappe le Réseau Interconnecté Européen (UCTE ou ENTSO en anglais), mettant KO environ 15 millions de clients européens de l’électricité. A l’origine, le démantèlement de deux lignes 400 kV aurait été prévu puis reporté. L’opérateur RWE TSO a appelé son concurrent E.ON Netz à 22h08 pour demander une intervention d’urgence. L’intervention a eu lieu à 22h10, et le résultat a été le contraire de ce qui était attendu : au lieu de baisser de 80 ampères, le courant a augmenté de 67 ampères. La ligne est déconnectée par des dispositifs de sécurité automatiques contre les surcharges. Oh ouais effet domino transfert de charge, de nombreuses autres lignes seraient à l’arrêt, entraînant la quasi-séparation du réseau UCTE en trois, suivant la ligne nord-sud, ainsi que la coupure de la connexion avec le Maroc. La déconnexion du réseau a eu lieu à 22 h 10 min 28,7 si 22 h 10 min 28,9 s, et la déconnexion entre l’Espagne et le Maroc a eu lieu à 22 h 10 min 32 s.

Lire Aussi :  du nouveau sur l'iPhone 13 ce lundi

Les conséquences de cette panne sont aggravées par le comportement global de la production distribuée. Dans la plupart des pays européens, ce comportement se caractérise par l’arrêt et le redémarrage aléatoires des centrales Moulins à vent.

L’Europe de l’Ouest étant alors en déficit de production, un délestage était nécessaire pour éviter un effondrement complet du réseau. 10% des clients ont dû être exclus. En France, 6 400 MW de consommation (12%) soit 5 millions de foyers ont dû être arrêtés… Tous les pays sont revenus à une situation normale en deux heures.

Études

ET noircir il provient toujours de la disjonction des lignes de transport à haute tension, soit en raison des intempéries, soit, dans le cas le plus courant, en raison d’une surcharge et/ou d’un dysfonctionnement.

Elle se propage par une mauvaise réponse du réseau (erreur automatique ou humaine), associée à une mauvaise coordination entre les acteurs. Une multitude d’acteurs amplifie ce risque.

La vitesse de réaction de l’opérateur est essentielle pour limiter l’occurrence.

Plus la zone touchée est grande, plus il faut de temps pour que tout revienne à la normale. Pour la panne italienne, la plupart des services ont été rétablis dans les 24 heures, mais le tout a pris deux jours.

la noircir elle est plus fréquente en hiver, lorsque les moyens de production sont les plus sollicités, mais elle peut aussi apparaître en été. C’est parce qu’elle vient du réseau, pas des moyens de production.

Les modes de production diffus et aléatoires compliquent à la fois la protection et la restauration.

Conséquences

Elles sont multiples et souvent dramatiques :

  • accidents de la circulation dus à l’extinction des feux de circulation
  • blocages dans les trains, dans les ascenseurs
  • insécurité dans les villes (voir New York)
  • produits frais et surgelés avariés
  • dommages dans l’industrie qui travaille en continu (métaux, verre, ciment…)

Sans compter le risque, dans les activités de sauvetage (hôpitaux, etc.), que les moteurs diesel de secours ne démarrent pas.

Panorama européen

Le réseau électrique européen est encore en danger depuis longtemps. Les raisons sont multiples et uniquement pour la plateforme d’Europe centrale (Belgique, Allemagne, France) :

Le lobby anti-nucléaire

En Allemagne, en Belgique et en Suisse, cela a conduit (ou va conduire) à l’arrêt de plus de dix gigawatts, même si les projets initiaux prévoyaient d’en arrêter beaucoup plus.

Lire Aussi :  [Chronique de Normand Baillargeon] Un inédit de Carl Sagan

Conséquences électorales en France

La fermeture de la centrale nucléaire de 2 Gigawatts (Fessenheim), mais surtout la prévision de la réduction de la production nucléaire à 50 %, ont conduit à la désorganisation de la filière et à l’incapacité à prévoir sa pérennité.

Fermeture des centrales à charbon en France

Soit 2 gigawatts, et il est quasiment impossible, faute d’entretien, de mobiliser les 3 gigawatts restants des centrales électriques au fioul.

Tous les efforts sont concentrés sur le vent et le soleil

En vingt ans, dans trois pays, plus de 160 gigawatts ont été installés ! Cependant, il y a des nuits sans vent dans toute l’Europe. Pendant ces périodes, qui surviennent plusieurs fois par an, ces gigawatts ne produisent rien.

L’Italie et la Suisse sont structurellement déficitaires

Ils existent depuis longtemps, pas forcément sur le papier, mais on le voit dans la pratique. L’Espagne est presque autosuffisante en actifs contrôlés, mais rien d’autre, avec du nucléaire, des combustibles fossiles et de l’hydraulique théoriquement suffisants pour approvisionner le pic historique. Mais l’interconnexion est limitée avec la France.

La gestion du réseau est plus complexe

En raison des variations rapides (rafales de vent, cycle solaire, front nuageux) et des caractéristiques techniques des éoliennes et des panneaux solaires, qui n’ont pas l’inertie des gros turbo-alternateurs.

Et cela va continuer car pour l’instant, après la guerre en Ukraine, rien n’indique que les Belges, les Allemands et même les Français ne changeront pas leurs programmes. Et même s’ils devaient les changer, cela prendrait dix ans. Et une multiplication par cinq des énergies incontrôlées n’y changera rien.

Conséquences sur la probabilité d’une panne de courant et ses dommages

Depuis la dernière grande alerte en 2006, la situation s’est aggravée.

Il a moins de capacités de vol et durera.

L’Europe est plus interconnectée, mais pas assez. ET noircir provenant probablement d’une surcharge sur la ligne d’interconnexion.

Il y a des capacités plus diffuses et incontrôlées, des éoliennes et des panneaux solaires. La gestion du réseau est plus difficile.

Les marchés spot « libéraux » perturbent les flux physiques.

Les impacts seront plus graves, car notre société est beaucoup plus électrifiée et numérisée qu’en 2006. Les antennes relais n’ont que trente minutes d’autonomie en cas de panne, et les box privées aucune. Et les téléphones fixes ont presque disparu !

Article initialement publié sur 27 octobre 2022

Source

Leave a Reply

Your email address will not be published.

Articles Liés

Back to top button