qui est Stéphane Crouzat, qui pilote les négociations pour la France ?

Totalement inconnu du grand public, Stéphane Crouzat jouera un rôle central lors de la COP27 à Charm el-Cheikh, en Égypte. Il est le chef de la délégation française du côté technique. Bien entendu, il dirigera les discussions techniques avec les 196 autres délégations. Il les cuisine pendant des mois. Son titre spécifique est Ambassadeur pour les négociations sur les relations climatiques. Stéphane Crouzat dirige une équipe de 40 personnes issues de plusieurs ministères : Economie, Agriculture, Transition écologique, Affaires étrangères.

Son quotidien est fait de chiffres, d’acronymes techniques et de mauvaises nouvelles. Il y a trois semaines, la commission sénatoriale du développement durable lui demandait de faire le point sur la COP. Il ne voulait tromper personne avec des illusions: “Depuis l’Accord de Paris, nous n’avons pas réduit nos émissions et nous sommes toujours en phase de croissance. En 2022, nous devrions nous attendre à ce que tous les pays du monde réunis augmentent encore nos émissions, car c’est un peu inquiétant. Si nous sommes capables de rester au plus près de 1,5°C, nous serons plus de 2019 par rapport à 2019. Nous devons réduire les émissions de gaz à effet de serre de 45 % d’ici 2030. Nous sommes loin du compte et il reste beaucoup à faire. Il a également noté que les pourparlers au niveau du G20 en Indonésie se sont mal déroulés. Même si l’on se souvient que l’Europe, en bon diplomate, s’est fixé de très grands objectifs, ce tableau n’est pas réjouissant.

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Selon les périodes, le titulaire était un diplomate ou un climatologue. Au moment de la COP de Paris, Laurence Tubiana était devenue diplomate avec une formation plus environnementale avant Brice Lalonde ou l’ancien ministre de l’environnement Serge Lepeltier. Stéphane Crouzat est avant tout un diplomate. Enseigné en anglais par Sciences Po, ENA, agrégé. Il y a un an, il était ambassadeur à Dublin avant de s’occuper du climat, passant également par Varsovie et New York. La diplomatie est son ADN, dans un genre très frileux, diront son entourage, cool mais pas franchement clinquant. Il ne fait pas de vagues, mais plutôt un auditeur, “facile d’accès et à l’écoute” notamment les ONG que j’ai pu interviewer et pour lesquelles je suis très reconnaissant.

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Il étudie le climat au ministère de l’Environnement. Le poste de conseiller diplomatique de Ségolène Royal était vacant en 2014. A un an et demi de la COP de Paris, il fonce ! Et au final, il parcourt encore le monde tout au long de l’année pour que différents pays ratifient le texte de l’Accord de Paris. Cela l’a évidemment surpris. “Une fois que vous démarrez ce fil, vous ne pouvez plus vous arrêter”, explique-t-il depuis Charm el-Cheikh. Cependant, en réalité, cela n’a rien à voir avec l’activisme environnemental. Rien dans le milieu familial initial : un père sud-ouest, une mère polonaise et une enfance urbaine. Mais il dit encore : “J’ai toujours été dans l’efficacité énergétique.” Il se rend au bureau à vélo. Ses trois enfants, âgés de 18 à 28 ans, dont une fille végétarienne, peinent également à faire la transition. Cela oblige la famille à manger moins de viande.

Pour être juste, il m’a avoué avoir calculé son empreinte carbone en ligne. En France, la moyenne est de huit tonnes d’équivalent CO2 par an. Lui, à titre personnel, fera quatre tonnes. En plus du fait que sa femme est franco-américaine, les voyages pour voir sa famille totalisent 18 tonnes par an. Inévitablement, la diplomatie climatique apporte aussi son lot de vols. Évidemment, la visioconférence ne suffit plus pour préparer la COP27. Ces derniers jours, par exemple, il s’est rendu au Sénégal et en Afrique du Sud avec la secrétaire d’État Chrysoula Zakharopoulou pour mettre en œuvre ce qu’il appelle “le partenariat pour le transfert équitable de l’énergie” – ce qui a finalement été annoncé lundi par Emmanuel Macron “. milliard”. Afrique du Sud.

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Stéphane Crouzat ne commente pas les résultats de cette COP27 qui vient de débuter. Mais en général, il dit : “On a mal commencé” Cependant, il veut croire qu’elle atteindra un maximum de 1,5°C d’ici la fin du siècle. A 58 ans, il estime que le mouvement initié par Greta Thunberg a vraiment changé la donne. Il affirme même qu’il faisait référence aux “lanceurs de soupe” de Charm el-Cheikh



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